[marche-col] 8 mars : Déclaration internationale de la Marche Mondiale des Femmes

lundi 7 mars

Nous traversons une période où nous ressentons les ravages causés par la crise du capitalisme devenue encore plus visible en cette 3ème année de pandémie.

Alors que le capitalisme pousse vers la pauvreté - les femmes, les classes populaires, les populations racisées, les personnes LGBTQ+, les peuples du monde entier - avec leurs politiques de privatisation, de dépossession et de guerre, le néolibéralisme cherche les clés de sa crise en collaboration avec l’impérialisme, aujourd’hui, les contradictions accumulées du capitalisme ont atteint un point d’insoutenable.

Alors que l’augmentation du chômage, l’insécurité, l’instabilité financière et la concentration des richesses ont atteint des niveaux record, il est clair que le capitalisme a besoin d’accroître l’exploitation des personnes et de la nature pour survivre.

La marchandisation et la privatisation des services publics, la dégradation de la nature, la crise écologique à l’origine de la crise climatique, sont les effets de l’aggravation du conflit entre le capital et la vie. L’exploitation augmente et les femmes sont les plus touchées. Les intérêts des entreprises priment sur la santé. Les multinationales volent et pillent les terres, sans aucun respect pour les droits humains et l’environnement, ils imposent des dettes illégitimes aux peuples de tous les continents du monde.

On voit comment la reconfiguration du colonialisme se traduit par des politiques migratoires racistes, la fermeture des frontières, la criminalisation des réfugiés et la multiplication des blocus économiques, politiques et financiers que subissent les peuples dont les gouvernements ne se plient pas aux intérêts de ce système prédateur. Le conservatisme, l’intégrisme et l’autoritarisme imposent un projet de mort et criminalisent les mouvements sociaux qui osent s’y opposer, tout en proposant de fausses solutions tel que le capitalisme vert.

L’impérialisme n’hésite pas à menacer la paix mondiale pour surmonter cette crise du capitalisme. Après l’Afghanistan et la Libye s’intensifie désormais une « nouvelle guerre froide » le long des frontières entre l’Ukraine et la Russie. Nous continuerons à nous dresser contre toute la destruction produite par l’impérialisme, de l’Afghanistan à la Syrie, de la Palestine au Pakistan, du Caucase à l’Asie centrale ainsi qu’à défendre la solidarité et la paix !

Il est donc urgent que nous poursuivions nos stratégies collectives et solidaires pour placer au centre de nos actions la durabilité de la vie dans le monde entier, à partir de notre auto-organisation et dans des alliances avec des mouvements sociaux qui visent à transformer l’économie pour démanteler le pouvoir des multinationales.

L’économie, la santé et la souveraineté alimentaire s’effondrent alors que l’exploitation, le pillage et le bellicisme augmentent de jour en jour. Alors que les gouvernements réactionnaires-fascistes provoquent une augmentation de la violence contre les femmes, ils tentent également d’exclure les femmes de la sphère publique et de les limiter à leur rôle dans la famille.

Pour cette raison, ce n’est pas un hasard si la révolte féministe, partout dans le monde, déborde les mouvements de résistance contre le néolibéralisme et les gouvernements néofascistes.

Nos sœurs du monde entier nous guident par leurs luttes contre tout ce sombre tableau. Les grèves féministes qui, ces dernières années, ont laissé des traces, disaient « si les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête ».

De l’Égypte à la Tunisie, des États-Unis à L’État espagnol, ensemble, nous avons assisté à une vague similaire en Turquie et au Brésil, et un peu plus tard du Chili au Soudan. Une révolte féministe qui prend tous les féminismes de l’histoire dans sa besace et s’élance vers un nouveau féminisme…

C’est une rébellion aussi furieuse qu’une mère qui a perdu son enfant au Mexique, assez courageuse pour ne pas écouter les interdits placés dans n’importe quel lieu du monde et avec l’espoir de pouvoir dire “rien ne sera plus jamais comme avant ».

Nous n’abandonnons pas les rues dans les pires moments, nous avons au contraire des manifestations et des résistances magnifiques, particulièrement le 8 mars. Nous sommes enthousiasmées par ce que nous avons obtenu par les luttes, avec le rire, la voix, l’espoir et les rêves de chacune. Partout dans le monde, les femmes sont à l’avant-garde de la demande de changements systémiques.

Alors que nous nous opposons à toutes les formes de violence, au travail, dans les syndicats, dans les organisations politiques, dans les écoles, dans les quartiers urbains, les villes et les zones rurales, où que nous soyons.

Nous réaffirmons la liberté, l’égalité, la justice, la paix et la solidarité comme nos valeurs fondamentales.

Nous, les femmes, devons continuer à marcher.

Résistons ensemble, marchons ensemble.

Nous résistons pour vivre, nous marchons pour transformer !